Regard Humaniste

Psychologie

C'est triste à dire, mais les Tikamis comprennent souvent mieux le fonctionnement psychique des humains que ces derniers.

Psychologie & Société

Des individus de différents peuples.
  • Dernière édition : 20 mai 2017

Les Races

Nous autres Tikamis, existont sur Pangéa sous forme de nombreuses races distinctes.

Je suis moi-même un Tikami dru des hautes terres, au pelage blanc-crème; dans la plaine au nord de chez nous vivent les Tikamis ambrés, plus foncés et longilignes; dans les montagnes du sud habitent les Tikamis angoras, qui ont aussi la particularité d’avoir 5 queues au lieu de 4; et je pourrais passer des heures à décrire les autres races qui vivent par delà lesdites montagnes, ou bien les adorables croisements qui peuvent surgir à la rencontre entre ces lignées.

Tout cela ne nous a jamais posé problème, et nous utilisons souvent ces mots-clefs dans nos conversations, pour évoquer l’une ou l’autre de nos connaissances. Mais chez les humains, difficile d’évoquer le mot “race” sans voir surgir, de tous côtés, des réactions d’anxiété ou de haine. Serait-ce à cause de votre lourd passé? De votre propension à inventer sans cesse des schismes dignitaires? De votre incapacité à voir de la beauté dans tout ce qui sort de vos stéréotypes étroits?

Alors certes, pour être techniquement correct, les races ne sont pas un concept applicable chez les humains. Comme l’expliquent les experts en anthropologie et biologie, le brassage est trop important pour que l’on puisse identifier des races bien définissables: les individus ont facilement plus de “proximité génétique” avec des gens d’autres groupes, qu’avec ceux du leur. Il est donc plus pertinent de parler de nationalités, d’ethnies, de morphotypes, ou de couleurs de peau, pour désigner différents humains; et l’on peut raisonnablement suspecter un certain niveau d’ignorance, ou de provocation, chez les polémistes qui parlent de race à toutes les sauces.

Mais enfin, lorsque l’on sent la réticence, dans la population, à utiliser des mots comme “blanc”, “noir”, “arabe”, ou “asiatique”, pour désigner un voisin ou un collègue, cela sème le trouble dans nos petits esprits Tikamis. N’est-il donc pas possible, chez les humains, de distinguer les êtres sans les discriminer? De rendre compte de diversités visuelles objectives, sans être immédiatement suspecté de malveillance? Si des groupes d’humains restaient suffisamment longtemps disjoints pour évoluer en races, ou même en espèces, distinctes, est-ce que ces faits scientifiques seraient tabous eux aussi?

Il me semble que ce type de réflexes est comme un baromètre du niveau de conscience de l’humanité, et que vous ne pourrez vous prétendre civilisés que lorsque tous ces anodins qualificatifs feront partie de votre champ lexical courant, au même titre que “chat siamois”, “chien labrador”, ou “vache charolaise”.

Pour aller plus loin: Le concept de race peut-il s’appliquer aux humains?

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